Bonne année 2020

Tous mes vœux de bonheur et de réussite pour cette nouvelle année.

Une de plus pour tenter de trouver le chemin d’un monde vivable pour toutes et tous, solidaire et écologique. Si le spectacle des grandes puissances mondiales est de nature à jeter le doute sur le caractère durable de l’aventure humaine, tentons, localement, de faire au mieux !

En ce moment, rencontre pacifique entre oignons et champignons !

Après le trop sec, le trop humide

Jamais contents ces paysans ! Après avoir pesté contre la sécheresse de cet été, ce sont maintenant des centaines de litres par mètre carré qui arrivent au sol. De quoi poser quelques problèmes de conservation des légumes au champ. Je rentre les carottes, panais, betteraves qui baignent dans l’eau.

Pour la planche d’épinards en plein champ, il n’y eu qu’une seule récolte et rien ne repartira avec les racines noyées à ce point.

Les poireaux devraient résister. Quant aux fèves semées il y a un mois pour mieux résister aux pucerons du printemps prochain, j’espère qu’elles tiendront mais, à cette heure, elles sont en apnée (les 10 ou 15 cm de terre sous la surface doivent respirer pour que la plante vive via ses racines).

Les carottes et panais ont été partiellement touchés par la mouche de la carotte malgré mon soin à maintenir les voiles anti-insectes en place. Il faudra jouer de l’épluche légumes. Heureusement, le rendement est très bon cette année (j’ai semé sur 3 rangs au lieu de 4 pour faciliter le désherbage et le développement).

Agri-bashing !

Certains agriculteurs manifestent aujourd’hui pour dénoncer la mauvaise réputation qui entoure leur métier. Les associations écologistes et, avec elles, de plus en plus de citoyens s’opposent en effet à des pratiques discutables : pesticides, OGM, fermes usines, rejets azotés excessifs etc.

Puisque le syndicat agricole majoritaire ne se gène pas pour parler au nom de tous les agriculteurs, il est nécessaire de corriger le tir.

Oui les agriculteurs travaillent trop et gagnent bien trop peu,
oui les agriculteurs sont souvent endettés jusqu’au cou et ne voient pas la fin de leurs problèmes,
oui les agriculteurs sont largement poussés à la faute par des politiques, groupes ou multinationales qui ne pensent que profit à court terme et concurrence mondiale.

Pour autant, à ceux qui critiquent les pratiques agricoles productivistes et polluantes je réponds « continuez » ! Ce n’est pas en niant les nuisances et les impasses de l’agriculture productiviste et intensive actuelle qu’on les fera disparaître.

Les agriculteurs doivent réclamer de quoi vivre décemment (pourquoi pas via un revenu agricole garanti qui remplacerait les aides à la surface) et revenir à des pratiques écologiques vertueuses sur des surfaces « raisonnables » en direction de débouchés locaux. C’est ainsi que l’on reverra davantage de paysans dans les champs et des consommateurs confiants.

Week-end patates

Le week-end patates des 7 et 8 septembre s’est bien déroulé cette année.
Suite à un appel à participer et sans que cela fut totalement programmé, nous avons été continuellement quatre ou cinq les mains dans les rangs de pommes de terre pour la récolte 2019.

Plus d’une tonne est sortie des 17 planches ce qui est assez satisfaisant compte tenu  de la sécheresse de la saison. Ne voyant pas la pluie arriver, j’avais tout de même effectué un arrosage tardif et partiel. Je pense avoir bien fait car les planches non arrosées ont relâché des pommes de terre bien plus petites.

Une partie des tubercules de variété « Désirée » est touchée par une gale superficielle et peu gênante au delà d’un médiocre aspect visuel. Je comprends mal la survenue de cette maladie plutôt rare dans des terres acides bretonnes.

J’avais aussi investi dans deux lames souleveuses pour faciliter la récolte. Elles ont cassé net après 10 mètres d’utilisation… A renforcer pour l’an prochain !

Si la conservation n’est pas trop mauvaise, nous ne manquerons donc pas de patates pour cet hiver.

Chaud !

Même en Bretagne nord, les températures deviennent difficiles à supporter pour les paysans mais surtout pour les légumes. Des tomates cuites sur pied dans les serres, des jeunes plants de choux qui sèchent sur place à peine repiqués (et arrosés), c’est l’été et il est chaud !

Ma réserve d’eau d’une centaine de m3 est alimentée par deux puits qui donnent encore quoique modérément. Pour des questions financières et écologiques, je n’ai pas voulu faire creuser un forage profond (120m) pour prélever sans compter. Il a très peu plu cet hiver et les réserves des nappes sont à protéger. La bonne démarche est de favoriser un arrosage parcimonieux : goutte à goutte ; paillage pour éviter une trop forte évaporation ; amélioration de la capacité de stockage d’eau du sol via un mélange argile-humus adéquat. Je n’y suis pas encore et, faute de large réserve, j’hésite à trop arroser car l’été n’est pas fini ! Les pommes de terres et les oignons seront sans doute de petit calibre.

Dans les serres, les pucerons sont enfin terrassés par les coccinelles. Un peu tard pour les concombres dont 70% des plants installés n’ont pas résisté. Les aubergines et poivrons semblent à peu près en forme malgré les passages à plus de 40° dans les serres. Les tomates, plus chargées en eau, ont parfois cuit sur pied.

Concernant le remplissage des paniers, pour le moment, ça va !

Dehors, les maîs doux, sur bâche tissée, sont plus en forme que l’an passé. A refaire à l’identique. Les campagnols mangent les blettes et les céleris, soulèvent tous les jeunes plants. Sans solution pour le moment.

Gros travail de désherbage en cours. Panic partout, repos nulle part.

Enfin, bienvenue aux nouvelles pensionnaires.