La Nouvelais, saison II

C’est parti pour la deuxième saison de culture. Il faut tout d’abord, que le sol soit bien traité. Cela passe par un apport important de matière organique sur les planches de culture pour stimuler toute la vie du sous sol. J’utilise ici du compost de fumier de cheval issu d’un centre équestre voisin. Microbes, bactéries, champignons, vers de terre, insectes souterrains, tous ces petits acteurs de la bonne santé de la terre vont amalgamer ce compost à la matière minérale de la terre et prépareront tout ce dont les légumes ont besoin pour pousser dans de bonnes conditions.

Deux ou trois kg par m² environ, cela fait plusieurs tonnes à charger et à étaler à la main. De quoi bien dormir le soir ! L’accès à la ferme est assez exigu pour les gros épandeurs agricoles susceptibles de faire ce travail en 15 minutes… De plus, gare aux légumes encore partiellement présents dans les champs, il seront saupoudrés de compost et seront alors non récoltables. Bref, je n’ai pas encore optimiser ce point pourtant essentiel.

Coté paniers de légumes, passage de 25 à 35 paniers cette année via l’AMAP. Le bilan sera présenté à l’assemblée générale prochaine. Il fait ressortir que par peur de manquer de légumes pour ma première année, j’ai surdimensionné la production et très bien rempli les paniers. Bonne nouvelle pour les adhérents mais je dois à présent recaler le rapport quantité/prix pour pouvoir me verser un smic en régime de croisière (environ 50 paniers prévus).

Dernière serre opérationnelle

J’avais manqué de temps pour finir la pose du film de la 4 ème serre. Avec l’aide de quelques amapiens, c’est fait : pose du film, fixation latérale avec préparation d’un caniveau de récupération des eaux pluviales (pas encore terminé), remise en tension pour éviter les poches d’eau en partie supérieure.

A présent, il faut préparer le sol pour la future implantation de légumes d’été (tomates, aubergines, poivrons, concombres). Et, après 2 ou 3 passages de cultivateur à dents, commencer par enlever à la main les cailloux et autre liseron très bien installés ! Une belle récolte malheureusement difficile à vendre !

Premiers froids

Ça y est ! Le froid arrive et il faut poser des voiles thermiques sur les légumes un peu frileux et encore partiellement dehors (blettes,  betteraves, carottes…).

Les légumes poussent lentement, les adventices aussi,  cela me laisse un peu de temps pour finir de monter la 4ème serre.

Globalement, j’ai fait un peu trop de rangs de verdures d’hiver d’un coup (mâche, chou mizuna, roquette, pourpier d’hiver, clayton de Cuba). Idem, beaucoup de poireaux qui ont bien prospéré. Mieux vaut un peu trop que pas assez. J’apprends à mieux estimer les consommations et les rendements que ne sont pas toujours fameux (salades mangées par les taupins).

Basculement vers l’hiver

Fin (tardive) des tomates, poivrons et aubergines qui ont tenu longtemps cette saison. Il faut à présent basculer vers les légumes d’hiver et compter sur une bonne conservation des légumes de garde (courges, oignons, pommes de terre…).

Nettoyage des serres d’été, amendement plus ou moins chargé en compost, préparation du sol et repiquage ou semis. C’est parti pour la mâche, moutarde, mizuna (chou japonais), roquette, clayton de Cuba, épinard etc… Les poireaux semblent corrects et resteront en terre car ils ne sont pas frileux.

Dommage pour une partie des navets, touchés, faute de voile, par les  tanthrèdes dont les dégâts sur les feuilles sont impressionnants et mortels pour les végétaux.

Opération liseron

Suite au constat d’un développement conséquent du liseron sur une bonne partie des planches cultivées, j’ai entrepris de retirer progressivement les rhizomes qui se sont implantés depuis des années sur place. Travail de fourmi mais travail indispensable pour limiter cette « mauvaise herbe », notamment quand on utilise des bâches tissées sous lesquelles la plante se développe fort bien.

Monsanto condamné. Enfin.

Première lourde condamnation de Monsanto aux Etats Unis. Le Jury populaire a eu davantage de courage que les politiques pour s’opposer à cette société d’empoisonneurs. Nul doute que la multinationale récemment rachetée par Bayer va continuer à se défendre et à vendre son glyphosate. Nul doute que les problèmes agricoles sont conséquents pour revenir à une agriculture durable. Mais l’occasion de se réjouir est là et il ne faut pas s’en priver !

Débordé !

Durant ma formation, un graphique montrait le temps de travail au champ pour un seul homme durant l’année. La courbe dépassait largement les 60h par semaine en cette période. Et c’est bien le cas. N’étant pourtant pas au nombre de paniers nominal, je suis débordé par les tâches à mener de front dont, principalement le désherbage et l’arrosage. Parmi les herbes indésirables, la panic pied de coq et le liseron. La première est redoutable en vitesse de développement et possède un tissu racinaire performant. Elle a envahi les carottes par milliers de graines. Ami du désherbage fastidieux à la main, bienvenue ! Le liseron est également très présent sur les parcelles. Il envahit les pommes de terre et les étouffe, en plus du mildiou. Il progresse sans encombre sous les bâches des oignons et les déracine en cas de désherbage trop musclé.

Coté arrosage, essentiellement en micro irrigation, le temps de manipulation des lignes d’eau est long et assez fastidieux. Et qui arrive en force après un bon arrosage ? la panic et le liseron !

Des nouvelles de juin

L’activité de désherbage s’accélère avec, en particulier, des oignons pris dans les liserons malgré les bâches trouées biodégradables. Bilan : des déchirures dans les bâches de plus en plus importantes et propices à de nouvelles adventices… A cela s’ajoutent d’assez grosses pertes (20% ?) dans une terre encore trop humide au début du printemps.

Les pommes de terre ont bien levé. J’espère en avoir fait assez en tenant compte des pertes éventuelles de l’hiver prochain lors de la conservation sans chambre froide.

Côté récolte, les premières tomates sont livrées depuis début juin. Pas assez pour tout le monde, je fais donc des roulements : une fois les petits paniers, une fois les moyens et à suivre les grands. Les poivrons sont aussi au rendez-vous, comme les courgettes (en partie en serre tandis que celles de plein champ commencent à donner).

Les paniers ont été plutôt bien garnis depuis le début des distributions en mai : pois gourmands, pommes de terre nouvelles, navets, radis, choux rave, fenouil, oignons bottes, laitues, blettes, persil, haricots verts, courgettes, concombres, tomates.

Manquent encore à l’appel des carottes récalcitrantes ou prises dans l’enherbement (faux semi raté).

A suivre.

 

Prendre racine

L’expression prendre racine inspire une forme de passivité et d’oisiveté. C’est très injuste quand on considère les difficultés innombrables auxquelles les légumes comestibles, comme le maraîcher, sont confrontés pour  aboutir à une production raisonnable à partir de quelques graines.

La nature du sol, la météo, la micro ou macro faune ont vite fait de vous rappeler que tout ne pousse pas sans peine et que pour un panier récolté, il faut en planter deux (chiffre au doigt mouillé).

Vers taupins dans les racines des salades et des aubergines

Visite des limaces sur les choux raves (malgré les granules d’oxyde de fer)

Dégustation de chou blanc (pas complètement heureusement. Un indice a été laissé par le coupable.

Fouinage et dégradation des bâches biodégradables durant la nuit par un animal au groin robuste.

Dur dur de sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier et adieux jours de repos.