Agri-bashing !

Certains agriculteurs manifestent aujourd’hui pour dénoncer la mauvaise réputation qui entoure leur métier. Les associations écologistes et, avec elles, de plus en plus de citoyens s’opposent en effet à des pratiques discutables : pesticides, OGM, fermes usines, rejets azotés excessifs etc.

Puisque le syndicat agricole majoritaire ne se gène pas pour parler au nom de tous les agriculteurs, il est nécessaire de corriger le tir.

Oui les agriculteurs travaillent trop et gagnent bien trop peu,
oui les agriculteurs sont souvent endettés jusqu’au cou et ne voient pas la fin de leurs problèmes,
oui les agriculteurs sont largement poussés à la faute par des politiques, groupes ou multinationales qui ne pensent que profit à court terme et concurrence mondiale.

Pour autant, à ceux qui critiquent les pratiques agricoles productivistes et polluantes je réponds « continuez » ! Ce n’est pas en niant les nuisances et les impasses de l’agriculture productiviste et intensive actuelle qu’on les fera disparaître.

Les agriculteurs doivent réclamer de quoi vivre décemment (pourquoi pas via un revenu agricole garanti qui remplacerait les aides à la surface) et revenir à des pratiques écologiques vertueuses sur des surfaces « raisonnables » en direction de débouchés locaux. C’est ainsi que l’on reverra davantage de paysans dans les champs et des consommateurs confiants.

Week-end patates

Le week-end patates des 7 et 8 septembre s’est bien déroulé cette année.
Suite à un appel à participer et sans que cela fut totalement programmé, nous avons été continuellement quatre ou cinq les mains dans les rangs de pommes de terre pour la récolte 2019.

Plus d’une tonne est sortie des 17 planches ce qui est assez satisfaisant compte tenu  de la sécheresse de la saison. Ne voyant pas la pluie arriver, j’avais tout de même effectué un arrosage tardif et partiel. Je pense avoir bien fait car les planches non arrosées ont relâché des pommes de terre bien plus petites.

Une partie des tubercules de variété « Désirée » est touchée par une gale superficielle et peu gênante au delà d’un médiocre aspect visuel. Je comprends mal la survenue de cette maladie plutôt rare dans des terres acides bretonnes.

J’avais aussi investi dans deux lames souleveuses pour faciliter la récolte. Elles ont cassé net après 10 mètres d’utilisation… A renforcer pour l’an prochain !

Si la conservation n’est pas trop mauvaise, nous ne manquerons donc pas de patates pour cet hiver.

Chaud !

Même en Bretagne nord, les températures deviennent difficiles à supporter pour les paysans mais surtout pour les légumes. Des tomates cuites sur pied dans les serres, des jeunes plants de choux qui sèchent sur place à peine repiqués (et arrosés), c’est l’été et il est chaud !

Ma réserve d’eau d’une centaine de m3 est alimentée par deux puits qui donnent encore quoique modérément. Pour des questions financières et écologiques, je n’ai pas voulu faire creuser un forage profond (120m) pour prélever sans compter. Il a très peu plu cet hiver et les réserves des nappes sont à protéger. La bonne démarche est de favoriser un arrosage parcimonieux : goutte à goutte ; paillage pour éviter une trop forte évaporation ; amélioration de la capacité de stockage d’eau du sol via un mélange argile-humus adéquat. Je n’y suis pas encore et, faute de large réserve, j’hésite à trop arroser car l’été n’est pas fini ! Les pommes de terres et les oignons seront sans doute de petit calibre.

Dans les serres, les pucerons sont enfin terrassés par les coccinelles. Un peu tard pour les concombres dont 70% des plants installés n’ont pas résisté. Les aubergines et poivrons semblent à peu près en forme malgré les passages à plus de 40° dans les serres. Les tomates, plus chargées en eau, ont parfois cuit sur pied.

Concernant le remplissage des paniers, pour le moment, ça va !

Dehors, les maîs doux, sur bâche tissée, sont plus en forme que l’an passé. A refaire à l’identique. Les campagnols mangent les blettes et les céleris, soulèvent tous les jeunes plants. Sans solution pour le moment.

Gros travail de désherbage en cours. Panic partout, repos nulle part.

Enfin, bienvenue aux nouvelles pensionnaires.

En mai, fais au mieux !

Entre deux séances de désherbage et de préparation de planches de culture, voici des nouvelles de la ferme.

Les pommes de terre primeur (rubis) sont au rendez vous ! Celles d’été (3 planches de 30m) ont pris un petit coup de gel début mai, celles de conservation (17 planches pour 35 paniers) sont également en place et devraient pointer le bout du nez d’ici quelques semaines.

Grosse attaque de pucerons sur les fèves et les courgettes. C’est classique pour les fèves. Je sèmerai les prochaines fin d’automne pour avoir des plants plus robustes et, semble t-il, moins attrayants pour les pucerons. Pour les courgettes en serre, c’est nouveau. Plusieurs passages de savon noir + extrait d’ortie semblent contenir le problème. Pas d’effet sur la production en tout cas pour l’instant.

Comme l’an passé, les aubergines souffrent sous l’assaut des vers taupins. Peut-être faudra-t-il courir acheter des plants greffés dans quelques jours.

Taupins vs aubergine. 1-0

Les plants de courges commencent à se sentir à l’étroit et attendent le plein champ.

Blettes et céleris raves sont installés. Idem pour les artichauts que je dois couvrir avec un paillage végétal.

Les oignons de printemps sont en forme. Pas comme les salades de serre dont le rendement fut calamiteux. Mauvaise aération, variété mal adaptée, des nécroses à répétition et des dizaines de laitues au compost…

Côté approvisionnement, mon fournisseur espagnol de gaines suintantes d’irrigation adaptées à mes cultures ne livre plus en France… Et il n’y a pas de distributeur français… Vive l’Europe !

Les journées sont longues et parfois épuisantes. Heureusement, quelques stagiaires sont passés à la ferme ce qui a partiellement allégé la charge de travail tout comme l’achat d’un rotavator pour détruire les mille et une mottes et touffes d’herbe sur les nouvelles planches de culture en préparation.

La Nouvelais, saison II

C’est parti pour la deuxième saison de culture. Il faut tout d’abord, que le sol soit bien traité. Cela passe par un apport important de matière organique sur les planches de culture pour stimuler toute la vie du sous sol. J’utilise ici du compost de fumier de cheval issu d’un centre équestre voisin. Microbes, bactéries, champignons, vers de terre, insectes souterrains, tous ces petits acteurs de la bonne santé de la terre vont amalgamer ce compost à la matière minérale de la terre et prépareront tout ce dont les légumes ont besoin pour pousser dans de bonnes conditions.

Deux ou trois kg par m² environ, cela fait plusieurs tonnes à charger et à étaler à la main. De quoi bien dormir le soir ! L’accès à la ferme est assez exigu pour les gros épandeurs agricoles susceptibles de faire ce travail en 15 minutes… De plus, gare aux légumes encore partiellement présents dans les champs, il seront saupoudrés de compost et seront alors non récoltables. Bref, je n’ai pas encore optimiser ce point pourtant essentiel.

Coté paniers de légumes, passage de 25 à 35 paniers cette année via l’AMAP. Le bilan sera présenté à l’assemblée générale prochaine. Il fait ressortir que par peur de manquer de légumes pour ma première année, j’ai surdimensionné la production et très bien rempli les paniers. Bonne nouvelle pour les adhérents mais je dois à présent recaler le rapport quantité/prix pour pouvoir me verser un smic en régime de croisière (environ 50 paniers prévus).