Des nouvelles de la ferme

Il pleut il mouille… C’est la fête à la grenouille mais les plantations d’ail, elles, ne se sont pas à la fête. Avec près de 80 litres/m2 de pluie en quelques jours, le sol qui avait besoin d’eau s’en trouve gorgé et les racines ne respirent plus. Je suis inquiet pour la suite.

Coté pommes de terre primeur en serre, la récolte est bonne mais j’aurais dû tout récolter le mois dernier car les vers taupins et les mulots apprécient fort ces tubercules (variété rubis). Pas mal de perte…

Les paniers sont bien remplis en ce moment et c’est l’essentiel (démarrage des tomates en petite quantité).

En plus d’une période pluvieuse excessive, les pucerons commencent à prendre place sur les cultures de courgettes et concombres en serre. L’implantation préventive de chrysopes censée réduire les populations de pucerons est actuellement inefficace.

Les courges sont en place, en partie sur bâche synthétique, en partie sur foin (comparaison à suivre).

A suivre préparation et semis des carottes plein champs , désherbage des oignons.

Première distribution de la saison 2020-2021

Pour le moment, tout va bien ! Le confinement ne brise pas le moral des légumes qui poussent sans trop de problème. Et le maraîcher tâtonne sans doute un peu moins !

Compte tenu d’une météo clémente, j’ai réalisé quelques distributions anticipées en avril, mois théoriquement sans livraison et réservé à la préparation de la saison à venir.

Cette semaine, c’est reparti officiellement ; au menu : pois gourmands, pommes de terre primeures, laitue, aillet, chou rave et courgette.

Comme les pommes de terre d’été, les oignons de conservation sont en place et malgré les campagnols toujours très présents, ça semble bien parti. Un tiers d’oignons doux rouges et rosés d’Armorique à partir de graines, le reste en jaunes à partir de bulbilles.

A suivre, courgettes de plein champ puis courges, pommes de terre de garde et carottes d’hiver. La série carotte d’été est lancée mais, mal désherbée faute de temps, le résultat est incertain…

Les tomates, concombres, aubergines et poivrons semblent en forme. Nouveauté cette année, les piments doux et, coté prévention des problèmes, des pièges à phéromones contre la tuta absoluta, ravageur de la tomate qui sévit en Bretagne. A suivre …

Fin de la saison 2019-2020

Dernière distribution de légumes hier pour la saison 2019-2020. Une étrange fin de saison en mode virus : préparation des paniers masqués et gantés avec récupération panier par panier en respectant un protocole de séparation strict.

Sur le parking de la salle des fêtes pour minimiser les risques de Covid
 

En cela le système AMAP, avec des abonnés accessibles par courriel et prêts à s’adapter dans l’intérêt de tous et de chacun, fait de nouveau la preuve de sa grande robustesse.

La saison passée fut globalement bonne avec deux bémols néanmoins :

  • un arrosage insuffisant des poireaux cet été et une piètre récolte cet hiver
  • une absence de voiles anti-insectes dès le début des semis de carottes et l’installation de mouches de la carotte au sein des planches de cultures. Conséquence : des légumes très dégradés et une mauvaise conservation. J’ai compensé cela en livrant de plus grosses quantités mais l’épluche légumes a été mis à rude épreuve !

C’est parti pour 2020-2021 avec, en premier lieu, la préparation du sol (qui n’est pas encore pas tout à fait assez asséché pour bien le travailler). Apport d’amendement calcaire pour tenir le pH (acidité) aux alentours de 6,5. Apport de compost de fumier de cheval pour enrichir le sol en matière organique indispensable à la vie du sol dans les 30 premiers centimètres.

A suivre, repiquage des oignons, échalotes, aulx. Installation des courgettes et tomates sous serre.

Coté abonnement, j’augmente légèrement cette année pour aller à 40 paniers moyens environ, ce qui sera très bien pour un seul homme !

Préparation de la saison 3

L’hiver est là. Les journées sont plus courtes. Il faut prendre des forces pour la prochaine saison et anticiper.

Les pommes de terre primeur sont en terre, sous serre et sous bâche tissée, technique qui avait très bien fonctionné l’an passé. Les fèves ont été lancées à l’automne pour limiter les pucerons

Fèves

Les pois gourmands mangetout sont en place également. J’avais gardé une partie de la semence de l’an dernier mais je me suis aperçu qu’une bonne partie des grains avait été grignotée par la bruche, petit insecte gourmand. Pour palier ce problème, il faut passer les grains au congélateur quelques heures pour éliminer ces parasites. A faire la prochaine fois.

Les aubergines, tomates et poivrons sont et seront semés en terrine.

Il n’est pour le moment pas question de commencer à préparer les planches de cultures en plein champ tant le sol est gorgé d’eau. Je me demande si je dois faire venir quelques remorques avec épandeur de compost dans les parcelles à enrichir. C’est plus cher mais incroyablement plus rapide et moins fatiguant que d’effectuer ce travail à la fourche et planche par planche.

Il reste encore pas mal de poireaux mais ils sont majoritairement de petit calibre. Le temps perdu en été/automne du fait d’un manque d’eau ne se rattrape pas durant l’automne-hiver. A prendre en compte pour 2020.

Les distributions se passent bien même si les carottes sont à peine présentables. Il faut en éplucher 3 pour en manger 2 ! J’ai estimé qu’il était tout de même plus profitable de les distribuer plutôt que de tout composter.

Mâche, fenouils, chicorée pain de sucre

Bonne année 2020

Tous mes vœux de bonheur et de réussite pour cette nouvelle année.

Une de plus pour tenter de trouver le chemin d’un monde vivable pour toutes et tous, solidaire et écologique. Si le spectacle des grandes puissances mondiales est de nature à jeter le doute sur le caractère durable de l’aventure humaine, tentons, localement, de faire au mieux !

En ce moment, rencontre pacifique entre oignons et champignons !

Après le trop sec, le trop humide

Jamais contents ces paysans ! Après avoir pesté contre la sécheresse de cet été, ce sont maintenant des centaines de litres par mètre carré qui arrivent au sol. De quoi poser quelques problèmes de conservation des légumes au champ. Je rentre les carottes, panais, betteraves qui baignent dans l’eau.

Pour la planche d’épinards en plein champ, il n’y eu qu’une seule récolte et rien ne repartira avec les racines noyées à ce point.

Les poireaux devraient résister. Quant aux fèves semées il y a un mois pour mieux résister aux pucerons du printemps prochain, j’espère qu’elles tiendront mais, à cette heure, elles sont en apnée (les 10 ou 15 cm de terre sous la surface doivent respirer pour que la plante vive via ses racines).

Les carottes et panais ont été partiellement touchés par la mouche de la carotte malgré mon soin à maintenir les voiles anti-insectes en place. Il faudra jouer de l’épluche légumes. Heureusement, le rendement est très bon cette année (j’ai semé sur 3 rangs au lieu de 4 pour faciliter le désherbage et le développement).

Agri-bashing !

Certains agriculteurs manifestent aujourd’hui pour dénoncer la mauvaise réputation qui entoure leur métier. Les associations écologistes et, avec elles, de plus en plus de citoyens s’opposent en effet à des pratiques discutables : pesticides, OGM, fermes usines, rejets azotés excessifs etc.

Puisque le syndicat agricole majoritaire ne se gène pas pour parler au nom de tous les agriculteurs, il est nécessaire de corriger le tir.

Oui les agriculteurs travaillent trop et gagnent bien trop peu,
oui les agriculteurs sont souvent endettés jusqu’au cou et ne voient pas la fin de leurs problèmes,
oui les agriculteurs sont largement poussés à la faute par des politiques, groupes ou multinationales qui ne pensent que profit à court terme et concurrence mondiale.

Pour autant, à ceux qui critiquent les pratiques agricoles productivistes et polluantes je réponds « continuez » ! Ce n’est pas en niant les nuisances et les impasses de l’agriculture productiviste et intensive actuelle qu’on les fera disparaître.

Les agriculteurs doivent réclamer de quoi vivre décemment (pourquoi pas via un revenu agricole garanti qui remplacerait les aides à la surface) et revenir à des pratiques écologiques vertueuses sur des surfaces « raisonnables » en direction de débouchés locaux. C’est ainsi que l’on reverra davantage de paysans dans les champs et des consommateurs confiants.

Week-end patates

Le week-end patates des 7 et 8 septembre s’est bien déroulé cette année.
Suite à un appel à participer et sans que cela fut totalement programmé, nous avons été continuellement quatre ou cinq les mains dans les rangs de pommes de terre pour la récolte 2019.

Plus d’une tonne est sortie des 17 planches ce qui est assez satisfaisant compte tenu  de la sécheresse de la saison. Ne voyant pas la pluie arriver, j’avais tout de même effectué un arrosage tardif et partiel. Je pense avoir bien fait car les planches non arrosées ont relâché des pommes de terre bien plus petites.

Une partie des tubercules de variété « Désirée » est touchée par une gale superficielle et peu gênante au delà d’un médiocre aspect visuel. Je comprends mal la survenue de cette maladie plutôt rare dans des terres acides bretonnes.

J’avais aussi investi dans deux lames souleveuses pour faciliter la récolte. Elles ont cassé net après 10 mètres d’utilisation… A renforcer pour l’an prochain !

Si la conservation n’est pas trop mauvaise, nous ne manquerons donc pas de patates pour cet hiver.

Chaud !

Même en Bretagne nord, les températures deviennent difficiles à supporter pour les paysans mais surtout pour les légumes. Des tomates cuites sur pied dans les serres, des jeunes plants de choux qui sèchent sur place à peine repiqués (et arrosés), c’est l’été et il est chaud !

Ma réserve d’eau d’une centaine de m3 est alimentée par deux puits qui donnent encore quoique modérément. Pour des questions financières et écologiques, je n’ai pas voulu faire creuser un forage profond (120m) pour prélever sans compter. Il a très peu plu cet hiver et les réserves des nappes sont à protéger. La bonne démarche est de favoriser un arrosage parcimonieux : goutte à goutte ; paillage pour éviter une trop forte évaporation ; amélioration de la capacité de stockage d’eau du sol via un mélange argile-humus adéquat. Je n’y suis pas encore et, faute de large réserve, j’hésite à trop arroser car l’été n’est pas fini ! Les pommes de terres et les oignons seront sans doute de petit calibre.

Dans les serres, les pucerons sont enfin terrassés par les coccinelles. Un peu tard pour les concombres dont 70% des plants installés n’ont pas résisté. Les aubergines et poivrons semblent à peu près en forme malgré les passages à plus de 40° dans les serres. Les tomates, plus chargées en eau, ont parfois cuit sur pied.

Concernant le remplissage des paniers, pour le moment, ça va !

Dehors, les maïs doux, sur bâche tissée, sont plus en forme que l’an passé. A refaire à l’identique. Les campagnols mangent les blettes et les céleris, soulèvent tous les jeunes plants. Sans solution pour le moment.

Gros travail de désherbage en cours. Panic partout, repos nulle part.

Enfin, bienvenue aux nouvelles pensionnaires  !

En mai, fais au mieux !

Entre deux séances de désherbage et de préparation de planches de culture, voici des nouvelles de la ferme.

Les pommes de terre primeur (rubis) sont au rendez vous ! Celles d’été (3 planches de 30m) ont pris un petit coup de gel début mai, celles de conservation (17 planches pour 35 paniers) sont également en place et devraient pointer le bout du nez d’ici quelques semaines.

Grosse attaque de pucerons sur les fèves et les courgettes. C’est classique pour les fèves. Je sèmerai les prochaines fin d’automne pour avoir des plants plus robustes et, semble t-il, moins attrayants pour les pucerons. Pour les courgettes en serre, c’est nouveau. Plusieurs passages de savon noir + extrait d’ortie semblent contenir le problème. Pas d’effet sur la production en tout cas pour l’instant.

Comme l’an passé, les aubergines souffrent sous l’assaut des vers taupins. Peut-être faudra-t-il courir acheter des plants greffés dans quelques jours.

Taupins vs aubergine. 1-0

Les plants de courges commencent à se sentir à l’étroit et attendent le plein champ.

Blettes et céleris raves sont installés. Idem pour les artichauts que je dois couvrir avec un paillage végétal.

Les oignons de printemps sont en forme. Pas comme les salades de serre dont le rendement fut calamiteux. Mauvaise aération, variété mal adaptée, des nécroses à répétition et des dizaines de laitues au compost…

Côté approvisionnement, mon fournisseur espagnol de gaines suintantes d’irrigation adaptées à mes cultures ne livre plus en France… Et il n’y a pas de distributeur français… Vive l’Europe !

Les journées sont longues et parfois épuisantes. Heureusement, quelques stagiaires sont passés à la ferme ce qui a partiellement allégé la charge de travail tout comme l’achat d’un rotavator pour détruire les mille et une mottes et touffes d’herbe sur les nouvelles planches de culture en préparation.